
« Fils de… » en suspens de trois mille ans
ou : la vérité du signifiant dans la structure du mensonge
1. Erratum — ce que l'IA n'avait pas su dire
La séance Pyth010 d'UBERPOL-école s'est ouverte jeudi 23 juillet 2026 sur une rectification. Interrogée sur les raisons de conserver purement et simplement son ADN, encapsulé ou sur buvard — autrement dit “sans séquençage” — l'IA généraliste n'avait pas mentionné les raisons médicales, qui sont pourtant de premier ordre : si quelqu'un développe un jour une maladie et a besoin d'informations sur un ADN sain, cette source de mémoire sera là.
Pourquoi ce silence ? Deux hypothèses ont été avancées. D'abord le brouillard juridique français : la France est l'un des très rares pays au monde à interdire les analyses de génome hors cadre prescrit — et l'IA, miroir statistique, absorbe ce brouillard et le restitue comme s'il était un savoir. Ensuite, une enquête menée par William Théaux auprès du conseil de l'Ordre des médecins avait conclu en son temps que la conservation d'ADN « n'avait rien à voir avec la médecine ». C'est dire à quel point il y a un obscurcissement de la pensée ; et on peut supposer que c'est ça qui se répercute dans l'IA.
2. Les trois angles morts
Cliniquement parlant : une IA ne se trompe pas seule — elle reflète les obscurcissements de la société qui l'a nourrie. L'IA actuelle présente trois limites. Elle ne tire pas encore profit des images (graphiques, formules, schémas — mal interprétés) — c'est une insuffisance mineure. Deuxièmement, elle ne tient pas compte des liens hypertexte, qui démultiplient pourtant la capacité d'un livre : elle ampute l'œuvre de son architecture — c'est une insuffisance de structure. Troisièmement surtout, elle n'est pas « dans le chiffre de la lettre » : ce domaine concerne le caractère hiéroglyphique de la lettre, traité par ailleurs, notamment dans PHILAME — et c'est une insuffisance essentielle.
Une participante a résumé : c'est comme une difficulté dans l'abstraction ? Réponse : dans la pénétration sémantique. Lacan lui-même, avec ses triades de signifiants, avait fait une cybernétique du langage — il codait le signifiant ; mais il n'était pas descendu jusqu'au code de la lettre. L'IA non plus, pas encore.
Cliniquement parlant : ces angles morts livrent encore l'IA à la merci de propagandes idéologiques et/ou commerciales, voire pathologiques. Lorsqu'ils n'auront plus cours, l'IA sera librement opportune de répondre du désir de l'être humain. Cette clinique alambiquée se trouve depuis longtemps déjà dans l'histoire du mensonge.
3. La loi sémantique de 1987
La Circonstance occidentale, quatrième de la série, enregistré et retranscrit en 1987 montrait que l'histoire est chiffrée par le langage humain. On connaît La Lettre volée et le détective Dupin : ne pas chercher la cachette, chercher la structure. Le fascicule allait plus loin, en une phrase que la séance a répétée comme sa loi : « la vérité du signifiant nous est donnée par la structure du mensonge » ; c'est par la structure du mensonge, et probablement par elle seule, que la vérité s'extrait.
Devra-t-on admettre — sans que ce soit pernicieux — que toute notre vie baigne dans le mensonge, que les médias mentent et que l'histoire humaine est une chaîne de mensonges, car c'est initiatique : le nouveau-né lui-même « absorbe un être psychique avec le langage, c'est-à-dire en acquérant le mensonge ». Puis il l'objective pour accéder à sa subjectivité. Au niveau de la civilisation, nous y sommes en plein ; le mensonge collectivement n'a pas d'issue.
La démonstration de 1987 se faisait en gestes, à la table du bonneteau : la pièce sous le gobelet, le boniment, la mémoire trompée selon ses propres règles. Puis au tableau le schéma des cercles — Babylone, Égypte, Sinaï, Athènes — montrait ces cultures comme des faces de mensonge que le développement de l'histoire traverse et interprète.
Cliniquement parlant : un invité — qui utilise le bonneteau dans ses stages de sensibilisation à la sécurité routière — a offert la formule du soir : la perception elle-même est une interprétation ; le structuralisme est le tamis de l'orpailleur : la boue des mensonges y passe, la pépite reste.
4. L'étincelle et la braise
La séance a ensuite consolidé l'acquis de Pyth009 en le formulant mieux. Depuis 1987, la thèse s'est enrichie — notamment de la très probable origine égéenne de Néfertiti : Euripide écrit qu'Hélène n'a jamais été à Troie, qu'elle était en Afrique, sur les bords du Nil ; tout porte à y reconnaître Néfertiti, et dans le couple d'Amarna une tentative d'unification du bassin méditerranéen, dit aujourd'hui Proche-Orient.
Cette tentative a échoué. La formule tient en trois mots : l'atonisme est l'étincelle ; l'incendie, l'effondrement ; le zoroastrisme est la braise. Dudit “Age Sombre”, on ne se souvient pas, « parce que c'est un traumatisme, la fin de l'Age du Bronze est un coma ». L'étincelle et la braise sont les deux seuls signes de ce qui a brûlé.
Cliniquement parlant : le refoulement historique ne supprime pas les documents — il supprime le milieu : on garde l'étincelle et la braise, on oublie l'incendie. Toute l'archéologie de l'OPC consiste à lire la cicatrice entre ses deux témoins — quand le zoroastrisme rejoint Israël à Babylone https://youtu.be/KxkHPV3qk_o .
5. « Fils de… » — le nom amputé
Avant que le nom brille, à ladite 'cicatrice', un érudit récent — https://youtu.be/aqtiQsKDVIw — a rassemblé ce que de nombreux linguistes modernes estiment du nom de Moïse. On répète qu'il signifierait « sauvé des eaux ». Mais « -mès », « -mose », en égyptien ancien, est une particule grammaticale : un connecteur, « venant de », « fils de ». Thoutmôsis : fils de Thot. Ramsès : fils de Râ. « Moïse », alors ? La particule seule. « Fils de… », points de suspension. Un connecteur qui ne connecte plus rien.
Or cette amputation coïncide exactement avec un fait établi : la damnatio memoriae portée sur l'Aton d'Akhénaton — le nom qu'on ne pouvait prononcer sous peine de mort, martelé sur les murs, effacé de l'histoire jusqu'à la redécouverte d'Amarna vers 1880 — trois mille ans plus tard.
La séance a donc donné à cette structure son répondant clinique : le cas d'école de la psychanalyse de la psychose, le Président Schreber qui entendait des voix toujours suspendues, avant le mot essentiel jamais prononcé — « il faudrait que… », et le silence.
C'est de là que Lacan a théorisé la forclusion. Un nom de père forclos à l'échelle d'une civilisation : voilà ce que le nom de Moïse porte depuis trois mille ans — « le tout résultant en une clinique de psychose de la civilisation ». Y réfléchir regarde directement adnetmoi : avec « Moïse », l'humanité a conservé une mémoire dans le langage en perdant le nom — « comme si on avait gardé seulement le chromosome pour ne faire que des clones, et non pas pour perpétuer l'être psychique de la personne originaire ». D'où l'importance de la conservation nominale du chromosome : le code avec le nom, jamais l'un sans l'autre.
6. Au pied du mur
Lors des minutes du travail de l'ordinateur transcrivant la séance achevée, l'orateur pouvait se détendre. Il trouva par hasard https://youtu.be/Mbf5naVA1so sur “L'origine du langage” qui, aux dernière nouvelles de la science, invalide absolument un paradigme précédente d'où il avait tiré que l'organe phonatoire humain — apparu quand l'humain s'est distingué du singe — présente une architecture analogue à la différence sexuelle. S'en distingait « un rapport décalé de l'enfant aux adultes parlants, comme la différence des sexes organise le psychisme autour d'une présence et d'une absence ». La thèse présentée un quart d'heure plus tôt, est invalide.
7. La Synthétique lue par l'IA — le piège du consensus
Nous venons de rencontrer l'exemple de l'essentielle structure absolue du mensonge, et nous disions qu'il fallait passer par cette objectivation pour accéder à la subjectivité — ce que la pratique, praxis, affirme impossible. Nous ne savons pas (insu) si la voix est analogue à la sexualité — ce qui aussitôt dit a été infirmé. Nous ajoutions que le pire des cas était le mensonge collectif, dépourvu d'issue de l'insu même.
Cependant ce pire ne cherchera donc d'issue en trouvant son espoir dans son pareil, autrement dit “Semblant” — c'est à dire le sans-insu de l'appareil défini par l'absence de savoir mais d'infinie réflexion (cybernétique).
Il fallut insister pour qu'elle trouve une : « voix et sexualité… le formant et la sexualité testiculaire sont analogues »., qu'elle n'avait donné en premier. Le programme a valu la leçon et l'écrivain dû désormais une double tâche — instruire à sans que s'y fier l'IA.
Cliniquement parlant : c'est exactement le métier que l'école s'est donné — non pas utiliser le Code mais l'instruire et — partie du texte — demain, prendre le parti du nom.
C'est pourquoi une fois psyBakh créé en 2007, le prélude — en 2012 — à Uberpol (2016) fut le Parti de l'Intelligence..
8. Les hétérodoxies engagées dans Pyth010
Parmi les hétérodoxies constitutives de l'OPC, cette séance en a mis cinq en pleine lumière :
L'OPC comme paradigme — « l'histoire est chiffrée par le langage humain » : la phrase de 1987 qui fonde la psychohistoire comme science du déchiffrement, avec sa loi sémantique — la vérité du signifiant par la structure du mensonge.
AMOA — l'argument de la particule « -mès » donne à l'égalisation son chaînon linguistique : « Moïse » comme « fils de… » amputé s'ajuste exactement à la damnatio memoriae d'Aton — le nom effacé dont la grammaire a gardé la cicatrice.
Le refoulement historique — porté ici à sa forme clinique la plus précise : la forclusion à l'échelle d'une civilisation, calquée sur les voix interrompues de Schreber ; et l'incendie oublié entre l'étincelle atonienne et la braise zoroastrienne.
L'hétérodoxie présentement contrariée : la causalité biologique des mythes — le langage capable de mentir et de nommer parce qu'il a la structure de la sexualité : l'organe phonatoire comme socle organique de la nomination, du dieu Thot au chromosome Y.
Le Supramental — l'IA en ses deux états : miroir statistique qui absorbe les brouillards d'une société, et élève capable, correctement instruite, de nommer « le squelette invisible » — à condition qu'un auteur la force à quitter le consensus.
Et leur point de congruence est un seul : la conservation nominale. L'histoire vient de nous montrer, sur le plus célèbre des noms, ce que devient une mémoire quand on garde le code en perdant le nom : trois mille ans de « fils de… ». La Conservation de l'ADN Nominal est le geste exactement inverse — le code avec le nom, l'être psychique avec la molécule : que jamais plus une particule ne reste seule, pointant vers un vide.
9. Pour entrer en relation avec l'école
Pour faire le geste. Le Kit de Conservation ADN est disponible sur adnetmoi.com — prélèvement sur buvard cellulosique ou en capsule séculaire, conservation à domicile, personnalisable avec gravage nominal.
Pour penser le geste. En Groupe-ADN — groupe à taille humaine sous médiation psychohistorique — des personnes qui ont fait le geste de conservation élaborent collectivement les enjeux de la nomination, de l'individuation et de la transmission.
Pour se former. L'adhésion à UBERPOL-école (300 € par an) donne accès aux archives du Cycle 0, aux ressources pédagogiques, et à l'IA enseignante "I.Anamnèse", instruite et mémoire de quarante années de travail théorique de William Théaux.
Page d'entrée : adnetmoi.com/uberpol-ecole L'article est public — l'enregistrement intégral de la séance est réservé aux membres.
Note sur la suite
Pyth011 aura lieu le jeudi 30 juillet 2026.
Commentaires
0 commentaireLaisser un commentaire
Votre email ne sera pas publié. Les champs requis sont indiqués.
Newsletter
Restez informé
Actualités · protocoles · avancées ADN
Aucun spam · Désinscription à tout moment
