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L'autolyse

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William Théaux
1 août 2026
L'autolyse

Qui se suicide
La cause sociologique du suicide :

L' "anomie", ou l'humain sans nom


de la loi de 1901 à la civilisation de la génétique nominale
Compte-rendu de la séance Pyth011 d'UBERPOL-école — 30 juillet 2026

Après dix séances consacrées à la scène primitive de la civilisation — >> le rapport-sexuel (Cybèle-Attis-Néfertiti) — >> l'effondrement (Age-Sombre -1200.-1000) d'il y a trois mille ans — >> sa mémoire refoulées & ses noms interdits (damnatio memoriae) ; la onzième à présent passe à ce qui peut se construire dessus : la civilisation jusqu'à la psychologie des masses.

Cette psychologie, si elle existe, aborde un fantasme contemporain de dépopulation, comme une répétition psychique. Elle constate également qu'existent trois lectures du destin collectif dont une seule résiste à toute médiatisation, une pulsion que la sociologie n'a jamais déchiffrée. Leur table de lecture dispose pour les comparer, la sociologie française, par Emile Durkheim nommant en 1901 l'objet de sa science — l'association — cette année même où le parlement en a fait une loi. Les années qui suivirent, ont permis d'établir en concept, la Société du Spectacle (1967) Après le Matérialisme Historique (1845), cette seconde lecture du destin est restée suspendue jusqu'à l'époque actuelle vers laquelle tout converge : la génétique nominale. L'Industrie du Code lui donne une capacité de Pulsion — dont un déchiffrage est tenté par La Psychanalyse Plurielle 1988-1990 — un temps où une association lyonnaise se présentait au Forum Régional des Associations sous le titre « L'Association — 1901, Personne Morale — au service de l'Entreprise ».


1. Dix séances plus tard

Pour soutenir la troisième lecture du destin collectif qui « résiste à toute médiatisation », nous employons une méthode Pythose, parce que c'est la tradition de la Pythie : improviser sur un trépied, dans l'*adyton* — le lieu « dont on ne sort pas »mais dont le trépied lui-même fait signe. Il indique une scène primitive de la civilisation, souvenue comme l'initiation d'un « Trismégiste », un trois-fois-grand, on triple maître, Trois Fois Nommé — Hermès Trismégiste, à l'origine d'une doctrine qu'on peut aujourd'hui identifier comme une ontologie de la civilisation.

Dix séances ont établi cette base. Comme la psychanalyse énonce qu'une connaissance précoce de la sexualité entraîne un traumatisme, puis une reconstruction sur cette mémoire oubliée, étendue à l'histoire : la civilisation a eu sa scène primitive. Le culte solaire atonien en Egypte en 1350avJC est un culte également sexuel — lui succède l'effondrement de l'âge du bronze, entre 1200 et 1000 avant notre ère. Le Monothéisme en est la mémoire, mais la mémoire "oubliée" : car on ne sait pas — c'est Athènes qui sait — qu'Israël est la mémoire de l'atonisme. C'est Athènes qui représente le début de la personnalisation, comme un enfant sur les stades du développement psychique.

Cette base de dix séances est désormais assez claire pour voir ce qu'on construit dessus : en suivant les mêmes termes du développement psychologique, en termes de la psychohistoire on peut faire une "psychologie des masses" — et examiner ce qui se passe aujourd'hui. Pratiquement et 'cliniquement' parlant : la série est celle d'une cure : dix séances pour reconstituer le souvenir traumatique, et maintenant l'analyse de la structure qui s'est bâtie sur son refoulement.

2. L'ère des masses et le fantasme de dépopulation

Nous sommes entrés dans l'**ère des masses** : les mass-media & réseaux permettent que les masses soient dirigées non plus par une petite caste, un palais hiérarchisé, mais par un grand nombre de personnes participant à la vie publique de manière homogène. Or cette troupe dirigeante — disons "la bourgeoisie" n'est pas organisée — et c'est ce qui la rend pernicieuse : masse inculte, livrée à ses propres instincts, elle entraîne la société vers son propre chaos. Ce n'est pas tant la masse humaine qui est livrée à ses instincts — que la concentration de ces instincts dans une horde dirigeante.

Dans cet état, un fantasme court dans notre époque : il faudrait réduire l'humanité pour que la planète supporte l'activité humaine — sacrifier les trois quarts de la population pour la sauver. La séance ne juge pas ce discours : elle le date comme on peut dater un fantasme de progrès, ou d'élite aux siècles précédents. Ce fantasme actuel émane d'une "répétition" — de cet effondrement qui a effectivement eu lieu — que les historiens l'appellent « âge sombre » pour prévenir qu'ils n'en disent rien. Mais à Athènes, au théâtre d'Hélène, Euripide, conteur d'histoire expliquait la catastrophe — dite Guerre de Troie — comme provoquée pour purger une surpopulation. Le fantasme contemporain de dépopulation rejoue cette scène primitive : on recommencerait un effondrement pour faire des "sacrifices" — c'est ainsi qu'on les appelait.

Cliniquement parlant : un traumatisme refoulé ne disparaît pas — il se répète. Trois mille ans après, la civilisation refantasme sa propre purge sous décor écologique. Le diagnostic n'est ni économique ni politique : c'est une contrainte de répétition à l'échelle de l'espèce — un choix, une Shoah, en grec « holokaustos » qui veut dire un sacrifice entièrement consumé par les flammes.

3. Trois lectures du destin — et celle qui résiste à la médiatisation

Il y a trois degrés de compréhension du phénomène psychologique de masse. Le premier est l' "économie". Le Matérialisme Historique, selon le marxisme, exploite puis écrase et remplace le prolétariat par des machines ; des lois économiques régleraient l'histoire. Le deuxième est l' "écologie" : une théorie de la thermodynamique où ce n'est plus la richesse qui compte mais un environnement viable, à préserver pour une population réduite, réduisant donc la consommation des ressources. Et la Société de Masse en est là : passée de la dictature (du prolétariat) au totalitarisme (de l'industrie mondiale). Actuellement le discours du mass-media ne livre que ces deux solutions à la critique qu'il censure aussitôt.

Un troisième degré cependant, que soutient l'OPC, défalque l'économie et l'écologie pour reconnaître en tête du destin la "libido" ou Eros, le désir et précisément l'énergie sexuelle. Cette conception n'est pas populaire, pas médiatisée du tout — comme si elle résistait à la médiatisation. Elle est pourtant classique et Wilhelm Reich en a donné la version extrême — l'orgone planétaire, proche du prana hindou — après sa publication en 1933 de Psychologie de masse du fascisme fondée sur les lois de la répression sexuelle. Il donnait suite aux analyses de Freud qui prescrivait de « traiter les peuples comme on soigne des individus » et dessinait une "psychologie collective" à la recherche d'une scène primitive en quelque meurtre du père, de Moïse ou de sa dévoration anthropophage..

4. La pulsion hiérarchique — où nous ne sortons pas du stade anal

Une psychologie humaine évoluerait par stades : oral — cannibale, maternel —, puis anal — sadique, patriarcal. L'individu acquiert des moyens, des outils, se déplace, produit du déchet sans savoir s'en débarrasser, et rencontre un stade génital — de l'altérité et de la reproduction. Or l'hypothèse du destin collectif observe une civilisation "qui n'est pas sortie du stade anal" — parce qu'elle n'a pas réglé son compte à une pulsion restée sans nom dans la théorie : la "pulsion hiérarchique". C'est un manque qui bloque l'accès à la compréhension de la sexualité : une déviance de la pulsion, qu'on ne peut pas découvrir sans un recours à la sociologie.

5. Durkheim, 1901 — l'anomie et l'association

Autour de 1900-1901, la sociologie devient en France une science officielle, et Émile Durkheim définit l'objet de sa science. Parmi tous les mots disponibles, il l'appelle : l'« association ». Et — coïncidence qui n'en est pas une — la même année, la France fait une loi, la loi de 1901, qui moralise cette association. On a donc estimé une morale d'un objet scientifique ; comme si nous avions moralisé l'atome — ce qui n'est pas non-sens : Norbert Wiener par exemple, estima que la cybernétique ouvrait à l'atome une civilisation, qui eut même son psychanalyste Silvio Fanti.

Ce que Durkheim énonce, c'est que l'humain crée des associations, faute de porter un nom. De ce défaut de nomination découlent ses deux grands concepts : d'abord que du fait de l'« anomie », l'humain est le seul animal qui se suicide ; ensuite que les « associations » sont ces petites masses que les humains forment pour ne pas mourir de n'être pas nommés. Mais Durkheim s'arrête là : il ne déchiffre pas de pulsion dans l'association. Comme un physicien qui aurait nommé l'atome sans y chercher de particules, ou trouvé comme Fanti une «énergétique-pulsion ». L'Association reste pour lui une simple protection. Si l'on arrive au contraire à déchiffrer dans l'association la pulsion hiérarchique, alors on lève le voile sur la pulsion d'origine : la pulsion sexuelle de la scène primitive.

Cliniquement parlant : ici la séance rejoint l'archive. En 1985 se créait à Lyon une association loi 1901 — UNEFPE, les analysants d'un même psychanalyste — qui se réclamait explicitement de Durkheim et qui fit de l'association l'instrument d'une analyse : l'Analyse Plurielle, présentée au Forum Régional des Associations de janvier 1989 sous le titre « L'Association au service de l'Entreprise », puis dans le livre La Psychanalyse Plurielle (1990). Son principe : l'Art de la Mémoire de la démocratie athénienne mis à jour de la société cybernétique. Ce que Durkheim n'avait pas déchiffré dans l'association — la pulsion —, une association s'était constituée pour le déchiffrer. L'archive de 1989 est la pratique dont la séance de 2026 donne la théorie.

6. La Société du Spectacle

Reste à situer notre stade actuel. Le "stade du miroir" : l'individu qui sort du stade oral — une relation à deux dimensions — rencontre le miroir, un plan qui lui donne une profondeur ; le moi passe à la troisième dimension. La « société du spectacle », conceptualisée par Guy Debord en 1967, date le moment où, dans l'image de notre société, nous pouvons nous mettre en spectacle ou recevoir un spectacle. Les individus de deux dimensions, plats comme un miroir, deviennent des "semblants" — des grains de miroir. Cette série d'êtres humains alignés, avec d'un côté des représentants et des idéaux, de l'autre des pulsions et des objets, donne la société totalitaire du spectacle.

C'est un poète qui en donne à la même époque la sortie. The Ballad of a Thin Man, de Bob Dylan, s'achève sur ce vers : « You should be made to wear earphones » — tu devrais être fait pour porter des écouteurs. Ce semblant, portant des écouteurs, figure la distinction de l'imaginaire et du réel. Là où tout ce qui est visuel participe du spectacle, l'ouïe reste le sens de la profondeur : l'image frappe instantanément, le son a besoin de temps pour exister — il se déploie dans la durée, comme une parole, l'analyse autrement synchrone du stade anal.

**Cliniquement parlant :** au moment où chacun se demande comment échapper à la société des images, la réponse de 1965 tient dans un changement de canal sensoriel. En 2026, du lu net à l'ek où t'es, le je passe au synthétique qui donne au gène conservé la pareille butée que le semblant.

7. La conclusion pratique — la civilisation de la génétique nominale

Tout le parcours converge alors en trois pas. L'humain sans nom — l'anomie — se suicide ; il s'associe pour survivre. L'Association distribue à ses membres des places, puis ses images. Puis elle se (re)dissout dans la masse, en la société du spectacle où l'individu s'identifie à un semblant. Lorsque la psychologie des masses apporte la reconnaissance de la pulsion et, au-delà de la hiérarchique : sexuelle, explique l'utilité que vont avoir la génétique et la nomination du chromosome : le nom va pouvoir se porter non seulement sur le corps anonyme, ni sur l'image, ni sur la série 'famille' mais sur le code, le chiffre de la transformation. C'est arriver à la conclusion pratique à laquelle aboutissent adnetmoi et l'OPC : une civilisation de la génétique nominale.


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## Note sur la suite
Pyth012 aura lieu le jeudi 6 août 2026

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