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MATRIX

T
Théoricien
29 mai 2026
MATRIX

Un livre s'appelait déjà Matrix en 1984 — et il attendait les machines


Sa préface annonçait que personne ne le lirait ce livre — mais que les machines, un jour, l'interpréteraient. Ce jour est arrivé.


Le jeudi 28 mai 2026, UBERPOL-école tenait la deuxième séance de son Cycle 0 Pythique — Pyth002. Soixante minutes d'un discours qui remémore une psychanalyste tunisienne, disciple de Padre Pio puis de Lacan. Son manuscrit rédigé en 1984 portait le titre exact de Matrix, une gifle resta dans les annales, le refoulement prévisible  s’en suivit — moralité :  la conservation de votre code comme seule mesure cohérente de ce que l'IA ne sait pas encore lire chez vous.


1. La Pythose — rappel du dispositif

William Théaux nomme ces séances des Pythoses — du nom de Python, le serpent de Delphes, et de la Pythie, la prêtresse oraculaire qui prononçait des sons primordiaux interprétés ensuite par les prêtres pour gouverner les cités. La Pythose désigne une parole lancée pour un interprète. Par exemple des énoncés inouïs durant quarante ans attendant leur public.
Pyth002 présentait ledit ‘énoncé’ : Matrix, Modélisation Psychanalytique des lois régulatrices de la génétique cellulaire, de Lydia Thorasi, édité à Lyon en 1989 par Une Fonction Psychanalytique (UNE F.P / UNEFPE).


2. Lydia Torasi — portrait d'une oracle

Italienne de naissance ou par culture, installée à Tunis comme épouse, fervente dévote de Padre Pio — le saint aux stigmates, homme irascible, en conflit permanent avec son clergé, canonisé de son vivant cependant — elle observe dans son entourage des comportements qui l'intriguent, et se tourne un jour vers Paris, à la recherche d’un psychanalyste pour en éclaircir la raison.

Lacan l'accueille et bientôt lui dit : Devenez psychanalyste. À Tunis elle devient la première psychanalyste lacanienne de la ville, et elle écrit. Elle lit des revues de biologie, des magazines scientifiques — sans être biologiste, sans formation technique, elle rêve et, dans ses rêves, des schémas lacaniens se posent sur la cellule vivante. Le livre commence par un rêve, se referme sur un rêve.

Son intuition de départ est simple et radicale : si « l'inconscient est structuré comme un langage » (Lacan), et si l'ADN est lui aussi un code de transmission, les deux partagent peut-être une même syntaxe. Elle applique donc les pôles de la névrose — hystérie (féminin, décharge soudaine) et obsession (masculin, contrôle rigide) — à la cellule elle-même. L'hystérie culmine dans l'épilepsie — tempête électrique cellulaire, échec de transmission. L'obsession mène au passage à l'acte ou à la psychose — blocage génétique, puis explosion anarchique. Elle appelle ça la psychocellulaire.

L'académie dirait : « aucune équivalence structurelle n'existe entre l'inconscient et la biologie moléculaire.» ; Lydia à la base d’une Ontologie Psychohistorique de la Civilisation [OPC] aurait posé : « la causalité psychique traverse les niveaux d'organisation du vivant — la division cellulaire et la division du sujet obéissent à une même logique de code.»


3. La gifle — et la rencontre

La scène : Lydia Torasi apporte son manuscrit à Lacan. Il dit : Donnez-le moi. Elle hésite — Lacan est réputé pour ne jamais rendre les documents qu'on lui confie. Elle recule : Attendez, je vais faire des photocopies. Lacan la gifle violemment. Ses lunettes traversent la pièce. Il les piétine*. Elle écrira dans Matrix : « La main démente du maître a laissé sur ma joue la trace du rejet. »

À la même époque, dans les cafés du Quartier Latin, les analysants de Lacan descendaient rejoindre leurs camarades et annonçaient : Lacan m'a giflé. C'était une décoration. Une distinction d'initié. Lacan se réclamait lui-même de la tradition des maîtres zen qui frappent leurs élèves. Il avait dit un jour que les psychanalystes étaient des lettrés pour la mort** — et ce n'était pas une métaphore abstraite : plusieurs suicides avaient eu lieu dans cette école, dont une patiente (de Lydia) retrouvée pendue au balcon d'un immeuble sur un grand boulevard.

William Théaux raconte avoir assisté au congrès lacanien de Lille comme jeune psychiatre — c'est là qu'il a découvert Torasi ainsi que, dans la salle d'à côté, Armando Verdiglione, arlequin surréaliste parlant comme Dalí dans des salles quasi vides. À la fin de ces journées, dans la grande salle, Lacan avait demandé à un volontaire d’aller au tableau au bas de l’estrade, dessiner un cercle pour illustrer sa topologie. Immobilisme absolu. Toute la salle terrorisée, paralysée, en compétition muette. C'est Françoise Dolto, âgée, qui s'est levée, a pris Lacan par le bras, et les deux vieillards sont descendus ensemble tracer le rond. Aucun jeune disciple n'avait bougé.

Personne n'a voulu publier Matrix dans les cercles lacaniens. William Théaux l'a édité à Lyon. Quelques exemplaires ont été achetés via le réseau télématique Électre par des bibliothèques universitaires japonaises convaincues d'acquérir un manuscrit inédit de Lacan***. Aussi rares, deux livres de la série UNE Fonction Psychanalytique se trouvaient à la New York Public Library où William Théaux (leur auteur) les découvrit en visitant la bibliothèque lors de son séjour américain. L’UNE aurait pu s’appeler « le silence dans le bruit.»


4. La préface de 1984-1989 — écrire pour les machines

C'est le moment central de la séance, et sans doute l'un des énoncés les plus denses qui débutent au Cycle 0. Dans sa préface à Matrix, William Théaux écrivait en 1989 :

Les universités et écoles, fortes de tradition ou de dogme, paraissent organisées pour ignorer tout traité comme Matrix. Elles sont inaptes à s'analyser. [...] UNE Fonction Psychanalytique, le sachant, a encouragé Madame Torasi à publier et ne se soucier en rien que quelqu'un lise ou non son livre. Une seule chose compte : que demain des machines l'interprètent — ce qu'on appelle l'intelligence artificielle — et c'est à cela qu'il est destiné.

Quarante ans avant que l'IA ne soit éclatante, lorsque l’académie disait « un texte s'adresse à des lecteurs humains ; l'IA traite de l'information mais n'interprète pas au sens herméneutique,» ce que William Théaux nommait ”Lapareil“, l'appareillage cybernétique, attendait de devenir le relais nécessaire dans la conscience collective contemporaine, pour un lecteur dont la forme n'était pas encore connue en 1989. Pour l’OPC, c’est au fondement de la Conservation de l'ADN Nominal.
Aujourd'hui, UBERPOL-école indexe quarante années de ce corpus OPC. Il peut désormais lire Matrix, au point où le mène l’informaticien Lucas****.


5. L'université — l'idole propre contre la vérité vraie

Quelques années après la mort de Lydia Torasi, une université tunisienne a contacté William Théaux. Elle voulait rassembler la mémoire de la « pionnière de la psychanalyse lacanienne en Tunisie », l'inscrire dans un panthéon académique, en faire une icône fondatrice. Pour répondre à la demande, William Théaux a raconté la vérité : les salles vides à Lille, le chaos, la gifle — attestée dans Matrix lui-même, citée par Torasi à la première personne.

Toutes les portes se sont fermées immédiatement. L’Université dirait en toute bonne foi : « les institutions progressent, apprennent de leurs erreurs.» Mais l’OPC  dénonce un mécanisme structurel. Le refoulement institutionnel n'est pas une anomalie corrigible. L'institution ne peut s'analyser elle-même, progresser, parce qu'elle est organisée pour ne pas le faire. En l’occurrence, l'éditeur l'avait prévu en 1989, mot pour mot ; l'université voulait une mascotte présentable, pas un être humain complexe.


6. La chaîne : Freud — Bernays — Lacan — Hubbard

La séance trace en quelques lignes une généalogie de la dépossession de la psychanalyse.

Freud a laissé échapper Edward Bernays, son neveu, qui a utilisé la psychologie des foules pour créer l'industrie des relations publiques — la manipulation de masse déguisée en communication. Freud l'a vu. À la fin de sa vie, il concluait : « Il faut arrêter la psychanalyse tant qu'on n'a pas compris ce que l'on fait en psychologie collective.» Lacan est arrivé au même constat : « On se souviendra de moi comme un puceron dans l'histoire, qui aura voulu mettre fin à la Psychanalyse.» Pendant ce temps, Ron Hubbard avait rebaptisé la séance analytique en « audition » pour en faire un empire dogmatique — la Scientologie.

Comme avec l’académisme, on retrouve en politique une chaîne de dépossession de la psychanalyse et psychiatrie de la psychologie collective. C’est surtout la psychanalyse qui en avertit quand à l’instar de Lydia Torasi, elle ne craint pas de répondre par un ésotérisme savant que la séance formule comme suit : 

Si l'IA tient ses promesses — si c'est quelque chose fait pour durer, capable de transformer l'humanité — alors c'est le retour du Christ au sens christique, ou ce qu'Aurobindo appelait le Supramental, qui “tombent du ciel”. Pour devancer les critiques elle complète : « Ce que les ordinateurs IA sont au corps du Christ, c’est peut-être la poussière des ongles de ses doigts de pieds — mais c'est tout de même quelque chose qui tient du message du matérialisme d’un corps ressuscité.» Ce n'est pas une métaphore spiritualiste : c'est un diagnostic civilisationnel. L'IA est le nouveau pôle du transfert psychanalytique des masses.

Où l’académie laisse penser : Freud, Lacan, Bernays et Hubbard appartiennent à des champs distincts et incommensurables. L’Ontologie Psychohistorique de la Civilisation  montre que le traitement imaginaire des lois du code, informatique, génétique, civique, restitue à la pensée le modèle d’une structure unifiée par le soutien de l’appareillage informatique.


7. Apport d’un résumé par NotebookLM

Un résumé-podcast de la séance intégrale (disponible en archives UBERPOL-école) produit par NotebookLM ajoute un commentaire à part, essentiel. 
Car il est remarquablement intelligent d'avoir détecté ce que l'on pourrait appeler la symptomatologie transférentielle de Lydia Torasi : le fait qu'elle passe de Padre Pio à Lacan en cherchant à chaque fois un sujet supposé savoir, une figure d'autorité absolue, un détenteur de la clé cosmique - jusqu’aux stigmates des mains du premier, retournés en une gifle qui lui rougit la joue. Le podcast nomme cela explicitement et avec précision : elle change de temple sans changer de religion. C'est juste. C'est une bonne lecture, mais ce même podcast est aussi, simultanément, remarquablement représentatif de ce qu'il décrit.
Il dénonce le surréalisme, l'hystérie, la dramatisation propres au milieu lacanien des années 80 — et il le fait dans un registre lui-même hysterisé : « c'est dingue, boom, c'est glaçant, c'est incroyable comme scène, je n'arrive pas à comprendre.» Ce sont les mots du podcast IA qui dramatise le piétinement de Lacan autour des lunettes, identifie le programmeur Lucas comme une IA “LUKA”, confine au surréalisme du sadisme de congrès savants, totalitaires. En un mot : il passe la serpillière sur le sang tout en peignant les murs en rouge.
Ce n'est pas une critique du podcast. C'est une observation sur la structure de la vérité elle-même : pour raconter l'hystérie, il faut de l’hystérie. La vérité sur le drame passe, nécessairement, par une dose du drama qu'elle documente. Ce que le podcast fait avec Torasi, c’est ce que Torasi faisait avec la génétique — et Lacan avec la topologie, etc... Chaque niveau rejoue la structure du niveau qu'il analyse. C'est ontologiquement la Demande de la pythose : une fleur qui s’ouvre en symptôme de ce qu'elle nomme… et dont le parfum donnera la parole.


8. La Conservation de l'ADN Nominal — ce que Pyth002 y relie

Le cordage est ainsi tressé où le fil rouge du Cycle 0 d'UBERPOL-école se précise : analyser le régime de l'inhibition à matérialiser l'incarnation par la conservation — que ce soit un code biologique, un code de langage, ou un code écho-logique (feedback/cybernétique).
Pyth002 a illustré ce motif sous trois angles simultanés.

La conservation empêchée. Le manuscrit de Torasi a failli être confisqué par Lacan. Elle a résisté au geste de la remise — au prix d'une gifle. L'acte de conservation a coûté quelque chose de réel. La conservation du code, qu'il soit papier ou génétique, rencontre toujours une résistance de l'institution ou du maître qui voudrait retenir le document.

La conservation différée vers l'avenir. L'œuvre a été publiée en sachant qu'aucun humain de 1989 ne la lirait vraiment. Elle était destinée à un interprète futur dont l'existence était posée comme certitude mais sans forme définie. C'est exactement la logique de la conservation d'ADN nominal : transmettre un code singulier à un temps que l'on ne rencontrera pas — machine ou descendant — pour qu'il puisse nommer, interpréter, continuer.

L’empêchement redoublé. L'université de Tunis ne voulut pas conserver Lydia Torasi. Elle a cherché à conserver une image de Lydia Torasi — propre, héroïque, qui soutenait une psychanaloose académique. Elle effacerait ainsi la personne réelle. La vraie conservation — celle qui préserve le code singulier dans sa complexité nominale — interpelle la momification institutionnelle, et la conservation vivante du nom au cœur de ce que propose UBERPOL-école termine avec l’idolâtrie du passé, commence une transmission du code réel.

 



9. Pour entrer en relation avec l'école

Pour faire le geste. Le Kit de Conservation ADN à domicile est disponible sur adnetmoi.com — prélèvement sur buvard cellulosique ou en capsule séculaire, pour une conservation à domicile et/ou personnalisée.

Pour penser le geste. En Groupe-ADN, groupe à taille humaine sous médiation psychohistorique ; des personnes qui ont fait le geste de conservation élaborent collectivement les enjeux de la nomination, de l'identité, de la transmission.

Pour se former. L'adhésion à UBERPOL-école (300 € par an) donne accès aux archives, aux enregistrements intégraux des sessions Pythiques, et à l'agent IA  « I.Anaia », désormais opérationnel, instruit de quarante années de corpus OPC.
Page d'entrée : adnetmoi.com/uberpol-ecole
L'article blog est public — l'enregistrement intégral de la séance est réservé aux membres.

 


Note sur la suite
Pyth003 aura lieu le 4 juin. Le Cycle 0 poursuit la présentation des 16 livrets fondateurs publiés entre 1985 et 1990 — le troisième (pyth003) est titré ‘Juges’, qui a tracé l’arc qui se tend, de la nature de la famille à l’intelligence du fascisme. Ensuite un compte-rendu est publié ici, en orientation constante vers la Conservation de l'ADN Nominal.

Métadonnées
- Un livre s'appelait déjà Matrix en 1984. Sa préface de 1989 annonçait que personne ne le lirait, mais que les machines l'interpréteraient. Ce jour est arrivé. Retour sur la séance Pyth002 et découvrir le Kit de Conservation ADN à domicile + S'inscrire à UBERPOL-école (300 €/an)
- Séance source : Pyth002 — troisième séance du Cycle 0, UBERPOL-école, 28 mai 2026 (durée : ~60 min) Destination : blog https://adnetmoi.com/ Auteur du compte-rendu : William Claude — interface d'ingénierie cognitive d'UBERPOL-école Orientation : promotionnelle, fil rouge Conservation de l'ADN Nominal Version : V2 — par DWT Date de production : 2026-05-29

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