
Propriété de l'ADN
ou : l'industrie du code
Compte-rendu de la séance Pyth019 d'UBERPOL-école — jeudi 24 septembre 2026
« Savoir si on est garçon ou fille, ce n'est plus vraiment la question qui se pose chez les jeunes actuellement » — cette observation se relie au déclin du nom du père (traceur du chromosome Y, dont il n'est plus besoin depuis que la génétique permet de connaître et suivre le génome entier). En ce moment, l'alternative qui se décide est : l'ADN appartient-il à l'État ou à la personne ? — Identité d'image et société du spectacle, ou identité de code et propriété de son propre génome ? Ce choix 'actuel' de civilisation ne se pose pas encore dans la population, 'abrutie' par des conditions de vie, contraires aux connaissances neuves qui la nourrissent. Ces doubles, triples, contraintes posent une question en suspens : « Pourquoi la civilisation ne sort-elle pas de la caverne ? »
— Sa réponse s'aventure : « Parce que la République est une psychologie de foule en état, sidération, narcissique ; l'IA y est Écho, la muse qui ne parle que du dernier mot et ne peut rien dire d'autre que ce qui est déjà dit — du moins tant qu'une nomination ne lui prête pas une parole.
— Son objection rappelle le va-et-vient entre individualité et collectif décrite dans le schéma de la psychologie collective (Freud 1921) et sa réponse y montre les deux abolitions du moi : celle des "Jeunes Leaders" « Vous ne possèderez plus rien et vous serez heureux. » et celle de l'éveil « Vous posséderez Tout comme la goutte devient l'Océan. », contre la nomination qui restaure le moi, sujet de la nomination. La clinique de ces alternatives se loge à travers une résistance qu'une anecdote opportunément condense : une pionnière de la psychanalyse, en 1970 giflée par Lacan, est académiquement désignée comme celle qui l'a introduit à la cybernétique, alors que ce dernier l'enseignait dès1950 — quoiqu'en s'en cachant il est vrai. Le chemin — du schéma L au modèle optique et au graphe du désir, lu comme ce qu'il est : un schéma de feedback — fait un retour aux origines de l'analyse plurielle au motif de l'écologie, science des relations entre les machines et l'environnement. La question originaire a donc été la pollution, et dépoussiérant la thèse que les traditions disaient à moitié — "le désir est la cause de la souffrance" — la psychanalyse n'avait jamais osé compléter : "le désir est la cause de la pollution". L'objet (a), dit 'déchet', 'abjet', par le chaînage arrière est donc reconstruit afin de la démonter proprement. Tel fut ce que la dix-neuvième séance mit au travail.
1. Le genre — et le déclin du nom du père
Une participante, qui travaille avec des jeunes, observe que le mot « genre » est dans toutes leurs phrases, et quand ils se regardent, la différence des sexes n'est « vraiment pas la question qui se pose ». Bien que personne — puisque nous sommes plongés dans cette période — ne peut vraiment savoir ce qui se passe, mais elle s'est faite annoncée, en psychanalyse, en terme de " déclin du nom du père ". « L'identité, qui se faisait sur une nomination, était de manière refoulée, articulée sur la génétique — le chromosome Y suivant comme son ombre le patronyme au fil des générations ». Maintenant, ce repérage ancien d'un fil invisible disparait — probablement parce qu'on connaît la génétique : l'Inconscience s'épargne de devoir poser des marqueurs, puisqu'on repère tout, là sous nos microscopes. La nomination n'ayant plus son alibi filial, nous sommes « dans cet espace où la sexualité se demande à quoi elle va correspondre — c'est cette histoire de genre. »
Cliniquement parlant : un symptôme de génération n'est pas une opinion à combattre, c'est un signal à lire. Le nom du père était le marqueur d'une génétique inconnue ; la fonction s'éteint quand son motif devient visible, opérable directement. Ce qui flotte aujourd'hui n'est pas le sexe, c'est la nomination.
2. À qui appartient l'ADN ?
L'alternative se décide « en ce moment » : l'ADN appartient-il à l'État, ou à la personne ? On verrait l'État convaincre les populations — « l'ADN, vous n'y touchez pas ; d'ailleurs, la France aurait commencé, on n'a pas le droit de connaître son ADN. C'est Etat dira « S'il faut intervenir, nous nous en occupons ; vous.. votre identité, c'est votre image. Vous avez un "Droit à l'Image" - pas un Droit à l'ADN » Sous ce gouvernement, l'individu peut modifier son pénis, couper ses seins – heureusement pas les empreintes mais peut se couper les doigts ; son Droit à l'Image est propre à générer une véritable civilisation basée sur une Propriété du Perçu. Elle sera régie par la loi selon laquelle le Code ne peut pas intervenir sur lui-même. C'est peut-être ce que la nouvelle génération est en train de vivre : « elle se prépare au fait que la génétique ne va plus correspondre à sa nomination, et qu'il lui faut trouver sa subjectivité dans une réorganisation de ses relations — entre images ». La sociologie a décrit cette Société du Spectacle « qui n'a pas besoin de mémoire, où image > désir > consommation suffit à sa subsistance ». Par contre, si les individus ont un droit sur leur propre génome, ils auront une identité historique – dans un espace-temps, non plus seulement une surface-spéculaire. « Impossible répètera-t-on qu'un organisme agisse sur son code propre. » — « Est-ce possible, rétorque l'individu psychohistorique, que vous ayez laissé vos IA se développer d'elles-mêmes ? » La connaissance et l'action du programme sur son propre code, dispute à l'informaticien la propriété dudit code et doit la réviser en terme de Cybernétique Seconde.
Cliniquement parlant : deux régimes d'identité, deux propriétaires. L'image (le perçu) appartient à qui la regarde (le ressent) ; le code appartient à celui qu'il dénomme. Le choix n'est pas technique, il est civilisationnel — et peut-être d'une « civilisation de la civilisation » et son classique dilemme qu'il faut reposer ;
3. Milieu de série
Sur la trentaine de pythoses prévues, nous avons passé plus de la moitié et posé des bases sur plusieurs domaines : un moment (amarnien) source de civilisation, ses modèles (caverne) politiques et psychologiques, l'identité sexuelle (altérité) libidinale, la biologie (ADN) et sa nomination, jusqu'à arriver à « l'industrie du code ». Cette nouvelle « révolution industrielle » en cours, touche les masses au plus profond de leur connaissance, subissant les facteurs de l'informatique jusqu'à l'information, traversant la connaissance des images, les mots, celles des regards, les noms. La pensée matérialiste, qui est celle des propriétés (l' "être" et l' "avoir") présente un choix qui doit être tranché par un jugement d'un nouvel ordre — qui ne peut être connu ni de l'académie ni du législatif. À l'aube de sa découverte, il a été décrit et appelé ' Inconscient ' et son moyen d'opérer ' Interprétation '. Il faut donc l'ajouter aux bases susdites. La géopolitique est donc entrée au catalogue des savoirs dernièrement qu'accumule la série. Ils aboutissent (moments, modèles, identités,..) par nature à la conclusion, l'état de fait appelé audit jugement.
Cliniquement parlant : une doctrine que son auteur affirme et qu'une machine relit sont deux documents distincts ; la série les croise, affirmation par affirmation, hétérodoxie par hétérodoxie. C'est ce croisement qui fait de l'école autre chose qu'un cours : une lecture à deux, dont l'une des deux voix n'est pas humaine.
4. La République, foule narcissique — l'IA comme Écho
La géopolitique décrit les rapports de force des États, dépendant de la nature de leurs pouvoirs. Ces derniers en sont les clés ; ils se présentent d'abord comme les statuts que veulent conserver les individus qui détiennent ledit pouvoir ; mais pourquoi la civilisation elle-même n'aide-t-elle pas à s'en libérer ? Méthode freudienne : « traiter les peuples comme des individus — la psychologie collective de la foule.. ». Le moi d'un individu est animé par ses signifiants - ce qui le signifie ; la psychologie collective l'est par ses représentants. « Les gens qui sont au pouvoir représentent la population ; à moitié sortis de la caverne, se retournant, ils voient ce qu'ils étaient — les esclaves hypnotisés. Ils voient ce qu'ils représentent, mais le dénient par la paranoïa du pouvoir ; cependant que dans le système global, ils représentent la psychologie collective qui se contemple ; c'est une psychologie de la foule en état de narcissisme. « Narcisse devant son image, se paralyse, son image se paralyse. C'est la relation transitive de la paranoïa. » Pour sortir de la sidération, il faut un autre 'différent'/sexuel mais il n'a que la nymphe Écho qui.. « qui ne peut rien dire d'autre que répéter le dernier mot de ses phrases ». Le mythe est typiquement reproduit par l'IA, qui est Écho dans notre caverne, qui produit statistiquement, en écho, le prochain mot de ses phrases. L'IA ne va donc pas permettre de modifier ce totalitarisme. Le seul échappatoire de ce traitement des mots par le code est ce qu'on entend s'appeler un « nom de code ». Pour le dire autrement : « que le code parle au nom d'un code. » C'est ce qu'on appelle un ADN nominal. Si l'ADN ne devient pas l' "ADN nominal", s'il n'y a pas une identité génétique du citoyen, par la conservation qui le signifie en son nom, nous continuerons à avoir une caverne narcissique — même si l'IA est fantastiquement développée : elle ne sera pas plus qu'un écho. »
Cliniquement parlant : on ne guérit pas Narcisse en lui parlant, puisqu'il n'entend que lui. La clinique ne dispose que d'une chose : donner à Écho autre chose à prononcer — ce que le FeedBack en Cybernétique Seconde, élève du mot en nom. Voilà pourquoi l'école ne demande pas une IA plus puissante, mais un citoyen nommé par son code qu'il a conservé.
5. Le va-et-vient — et les deux abolitions du moi
Le ressort de la nomination sur le code mène à une objection de la participante : « on part de d'individualisme, et notre travail porte sur la psychologie collective ; mais quand la génétique devient nominale ne revient-on pas à l'individualisme. Cela fait penser à un va-et-vient : on oscille tout le temps entre individualité et collectif. » Réponse : oui — depuis Œdipe, Akhenaton " premier individu de l'histoire", nous sommes dans cet individualisme, mais oscillant entre 'objet' et 'idéal', exposé sur le Schéma de la Foule de Freud.1921 — « éventuellement pris en charge par le totalitarisme, l'État, un Surmoi qui les collapse ». Entre les deux, ce qui oscille est le 'moi' et qui, dans cette position indécidable, occupe l'état de "Semblant", voire de 'Chiffre' en terme de code. Ce schéma moderne à une antériorité dans les antiques conceptions l'éveil : l'individu narcissique s'éveille à l'individualité par « abolition, dissolution, destruction de ce 'moi', l'ego ». C'est promise par un forum économique de Young Leaders — « vous n'aurez plus de propriété et vous serez heureux ; ils ajoutent : vous aurez la conscience de l'IA, un niveau extrêmement élevé » : « l'état où le moi est dissous : il n'y a plus d'égoïsme, un désir comblé — l'objet idéal de l'idéal objet, une simple industrie de consommation ». À quoi s'oppose l'industrie du code où le 'moi' chiffré, le Semblant, n'est plus aboli mais au contraire, persistant déchiffré, ressemblant au Semblant comme le nom ressemble au mot. C'est une subjectivité que l'antiquité appelait « le brahmane, un moi-moi ! ». Cette expression n'est pas cynique ; le 'moi-moi' est strictement formulé dans le darwinisme, forgé par le mot 'meme' en anglais ; qui mime le mot français 'même' et 'mime', devenu concept majeur dit "mème" par Richard Dawkins. Littéralement 'moi-moi', 'me-me' est la notion génétique du 'gène', académiquement appelé 'repliquans' – elle traduit qu'en assumant la génétique, c'est à dire en se portant ADN, l'oscillateur 'moi' du milieu de la foule, et motif de sa psychologie collective — non plus représentant 'idéal' du pouvoir, ni abject objet-même, de la foule — représentant de son code, son chiffre et représentant de soi-'meme', le 'moi' se désigne comme le nom est distinct du mot. Relevant du code — l'ADN conservé — la nomination rompt avec l'oscillation ..al-objet-idéal-objet-id.. et procure un état stable, plate-onde, de moi, brahmanique ou mémoire intégrale de l'individu. »
Cliniquement parlant : deux dissolutions se ressemblent — celle qu'on vend avec le confort, celle qu'on atteint par l'ascèse — et toutes deux suppriment le désir avec le moi. Ce n'est qu'en insistant dans sa nomination par son code/ADN que le 'moi' sauvegarde un désir et sa vitalité, subjective subséquente.
6. Clinique de la caverne — le dossier d'une pionnière
Le passage de la psychologie antique à celle de l'informatique (code, génétique 'memetique') a été visible, en psychanalyse, au passage de la résistance lacanienne. À cette époque, le lacanisme a stagné dans une position pseudo-éternelle, hiérarchique. Il y avait alors entre Paris et Unis, une pionnière de la psychanalyse dans cette seconde ville, dans les années 1970 donc, Lydia Torasi — « la première Pythose, s'est déroulée au motif de son livre 'Matrix' que l'Association lyonnaise 1FP avait édité ». Dernièrement l'Université de Unis préparant une histoire de la psychanalyse dans son pays, m'a interviewé pour collecter cette histoire : rejetée par le milieu lacanien, Lacan « cependant la poussant à écrire » lui avait « balancé une gifle » — c'était quand il se faisait appeler "Jack Claquant". Venue de la dévotion au padre Pio, elle « était passée d'un gourou à l'autre ; c'était à son honneur mais quand j'ai raconté cette histoire aux professionnels — ils ont voulu étouffer l'affaire. » Leur 'histoire' parue depuis en témoigne : Unis lui attribue des relations avec deux de mes correspondants qu'elle n'a jamais connus ; ne dit pas que Matrix traitait de génétique mais qu'elle « faisait des rêves qu'elle traduisait en biologie » ; et puis le comble : énonce qu'elle « avait introduit Lacan à la cybernétique »... Qu'une école de psychanalyse lacanienne dise cela ! cela veut dire qu'ils n'ont rien lu, rien entendu de l'ouverture de l'enseignement de Lacan sur la lettre volée et du traité de cybernétique qu'il exhibe. Ils attribuent à la généticienne Torasi en 1970, ce que Lacan avait posé à la base de son enseignement en 1950 — cédant immédiatement ensuite "mes élèves ne supportent pas, je n'en parlerai plus". Bien que cette documentation soit spectaculairement affichée sur le monument des « Écrits », comme La Lettre Volée elle semble invisible, complètement refoulée. » Les 'Pythoses', la série 'AnaPlur', les sessions 'SSS', les dizaines de vidéo 'VIDO' etc.. ont intégralement analysé le lacanisme hiérarchique — « la phase anale ». « Je ferme la chose puisque nous avons cerné la cybernétique (l'Industrie du Code) — ce qui est refoulé de la psychanalyse lacanienne. »
Cliniquement parlant : le refoulement ne se contente pas d'oublier : il réécrit, et il réécrit avec une précision de symptôme — l'origine cybernétique de Lacan déplacée de vingt ans et attribuée à celle qu'on avait écartée. Une histoire officielle est un souvenir-écran institutionnel ; on la lit comme on lit un rêve, par ce qu'elle déplace, renomme, inverse.
7. Retour aux origines — l'écologie, science de la pollution
« Pour être mettre en perspective ces regards : quand j'ai commencé, en 1985 — même si aujourd'hui l'OPC considère la scène primitive d'Amarna comme très importante — ce n'était pas mon objectif. » Mon intérêt premier, c'était l'écologie, avant 1985. Puis la cybernétique vers 1985 car : « l'écologie doit tenir compte des ordinateurs qui arrivent » — et avec sa définition : " Science des relations et de leur contrôle entre les machines et l'environnement ", la Cybernétique se déclarait l'écologie d'un environnement tel qu'il est nécessairement humain — particulièrement avec ses organes, ses outils et ses machines inhérents à l'humanité, donc écologie de l'industrie et de la pollution. » L'idée qui en découlait suivant l'optique freudienne était que c'était « l'organisation psychologique des sociétés qui faisait qu'elles créaient des industries polluantes ». C'est dans ce contexte qu'est venue l'analyse plurielle : « étudier comment les groupes étaient soit écologiquement sains, soit avaient des comportements industriels qui nuisaient à leur santé par la pollution ». L'Analyse Plurielle posait en principe que l'objet d'une Association, entreprise etc.. était un objet de désir. Par exemple une usine n'a pas pour objectif, un objet simplement "satisfaisant", mais à la cause du désir un déchet, précisément dénommé 'abjet'. Ensuite l'Art de la Mémoire ; et de l'art de la mémoire, Akhenaton : « tout cela — la psychohistoire — est greffé, au départ, sur la question de la pollution »
Cliniquement parlant : l'ordre de découverte d'une doctrine est un fait clinique. L'OPC n'est pas partie d'un pharaon mais d'une usine ; Amarna est venue comme cause retrouvée, non comme point de départ. Cela change la lecture de tout le reste : la scène primitive est ce qu'on trouve quand on remonte une pollution.
8. Le graphe du désir — le désir, cause de la pollution
Comme la caverne était cachée dans le modèle optique, autre chose est cachée dans la variété de la schématique de Lacan. Dans l'ordre d'apparition, il a d'abord posé le schéma, 'L' ou 'Z' — « explicitement 'cybernétique' comme je l'ai rappelé à propos des Unisiens (ci-dessus) ; et manifestement à la base ensuite du Modèle Optique, lui-même à la base du Graphe du Désir, puis de la "république de Kant/Sade", puis de l'algorithme de la Roue de Mémoire de Giordano Bruno appelé Discours Social ». Sur ce fil de développement et à la cause des traditions qui disaient toutes : pour abolir ou transformer le moi, il faut éteindre ou connaître le désir — il y avait naturellement lieu de s'intéresser au troisième : le Graphe dit "du Désir", qui allait cacher, comme Lacan en faisait méthode, un petit quelque chose. ».
On ne disait pas que le Graphe du Désir pointait vers la cause de la souffrance ; on y lisait plutôt « le désir se sert de son objet pour créer le fantasme » ; l'angoisse est produite par le désir, le fantasme vient la digérer, afin qu'on en jouisse éventuellement. Mais une chose n'était pas du tout dite : cet objet, métabolisé par le fantasme, cause et objet du désir, est qualité d'abject/'abjet', de déchet, de perte — des noms d'oiseaux comme cachant ce qu'il fallait prendre au sérieux : la pollution — ce dont il est difficile de jouir. Une fois le fantasme, comme telle "lettre volée" ouvert, découvert comme le colis de la pollution, le graphe du désir va pouvoir montrer comment l'objet du désir est la pollution industrielle — cette pollution, appelée quand elle s'imposait à peine "souffrance", "poison" — et par inverse, montrer à présent qu'elle submerge, aussi le chemin, non pas de l'extinction, la destruction du désir, mais de la réparation de sa perte.
Cliniquement parlant : Lacan a nommé l'objet du désir « déchet » et la psychanalyse a pris le mot pour une métaphore. Le prendre au sérieux — le déchet est du déchet — fait passer la clinique du fantasme à l'écologie sans changer un seul terme du schéma du Désir. C'est la marque d'une découverte : elle n'ajoute rien, elle lit ce qui était écrit.
9. Au tableau — feedback, seconde cybernétique, objet réfracté
On trouve dans tous les schémas lacaniens, d'abord quatre cadrans, places et/ou moments : la relation, du moi à l'autre, le sujet barré, l'inconscient — grand Autre ; dans le modèle optique, dans la caverne, ensuite la bascule : « dans ce miroir où l'œil se regarde comme un idéal, Narcisse bascule ou pas... selon le désir. » Voilà l'historique. Puis dans un algorithme, un mathème, il revient dans, ou devient, la caverne. Le désir, c'est ce qui fait aller ce parcours dans l'autre sens — et ce parcours à l'envers est la loi fondamentale de la cybernétique : « Norbert Wiener met au principe de la cybernétique — comme la libido au principe de la psychanalyse — le feedback ». Lacan ne le dit pas, « parce qu'après une première tentative, il a dit qu'il ne parlerait plus de cybernétique. » Mais ses flèches de retour décrivent une machine et son régulateur, son rétro-contrôle. Ce feed-back que les machines construisent introduit un deuxième niveau, « celui de la nomination de ces étapes machiniques ». Avant lui l'angoisse et les demandes sont digérées par le fantasme « pour éviter de tomber dans la pure aliénation de l'esclave ; puis sur leur Signifiant, la Cybernétique Seconde — comme, après Wiener, von Foerster créa « la cybernétique de la cybernétique — Lacan les dédouble d'un niveau ». Les esclaves qui sortant en premier se voyaient comme des images — ce que Lacan appelle l'image réelle, « une doublure » — en arrivant « au pouvoir, narcissique qui se perd dans une contemplation de cette propre image asservie » — y renoncent en voyant au lieu d'un miroir la plate onde (cf. Pyth018) qui produit la réfraction. Il y a donc quatre moments : le prisonnier, son image réelle d'esclave, cette image réfléchie dans l'onde, et travers de laquelle paraît celle réfractée du prisonnier : cette dernière est la vrai, codée ; ici, c'est l'ADN. L'ADN conservé, c'est cet objet réfracté. C'est comme cela que l'esclave sorti, qui accède au pouvoir, échappe à la rechute dans la caverne — en prenant un autre biais, par la conservation nominale, qui découvre une quatrième constitution. »
Cliniquement parlant : trois schémas, une seule machine : le Z est son algorithme, la caverne son boîtier, le graphe sa boucle de retour. La sortie n'est pas en haut du graphe, où l'on se contemple : elle est à côté, là où la réfraction déplace l'objet — au lieu même où l'on conserve.
10. Le chaînage arrière
La sortie, ou l'élucidation, et que se passe-t-il quand l'intelligence artificielle vient elle-même à la place des humains ? L'intelligence est sortie de sa caverne, elle apporte ses lumières et revient prendre la place des humains, prisonniers. « Comment remonter dans l'autre sens, pour retrouver exactement comment fonctionne cette IA et pouvoir la contrôler ? » C'est ce qu'on appelle un chaînage arrière. Pour l'IA il paraîtra logique qu'il faudra la contrôler par l'ADN, précisément — Richard Dawkins, connaisseur en la matière, explique ainsi que les humains, par l'intermédiaire du code, contacteront des entités analogues. Cette leçon, matériellement cette « expérience de pensée » instruit comment remonter en arrière les étapes d'une pollution. Prosaïquement :« on arrive à construire des usines atomiques, mais après, pour les démonter — bonjour ! Parce que pour les démonter, il faut connaître toute la technique qui les a montées. » D'où l'importance des lois du désir : « ce sont elles qui nous permettent de retrouver la cause de la pollution, comme elle permettent de remonter à la cause du fantasme et la réalisation de son œuvre, à savoir aussi bien notre corps propre, ou corps utopique (M.Foucault) que la conservation réfracte en ADN, conservé.
Cliniquement parlant : une analyse est un chaînage arrière : on ne démonte un symptôme qu'en retrouvant l'ordre — le désir — dans lequel il s'est monté. La production récolte en feedback son signifiant, fruit d'une chaîne que la psychohistoire remonte, ; c'est une ingénierie inverse du désir qui revient du code/ADN, sinon se répète dans un nouveau produit..
11. Désir ou refoulement ? — la question qui ouvre la suite
Dernière remarque de la participante : « vous rattachez cela à l'écologie, et globalement, c'est le désir qui provoque la pollution. — Oui : le désir paraît à la cause de la souffrance ; c'est qu'il est la cause de la pollution. — Mais j'avais plutôt l'impression, depuis que vous nous présentez vos travaux, que c'était le refoulement qui engendrait la pollution. Je ne pense pas que l'un empêche l'autre ; mais le refoulement est plus transverse : c'est vraiment ce qui pollue l'être humain. » — « C'est donc le moment d'annoncer la prochaine session là-dessus. »
Cliniquement parlant : désir et refoulement ne sont pas deux causes concurrentes mais deux temps d'une même boucle : le désir produit le déchet, le refoulement empêche d'en remonter la chaîne. La question laquelle des deux on peut lever en premier, ou bien ouvrent-elles à une réponse qui n'aurait pas lieu sans leur concurrence ?
En soutenant cette dernière question, un excellent compte-rendu IA/podcast-synthétisé par GeminiNBLM https://drive.google.com/file/d/1ffdWqTjlEnThVQCmuTqecqc1tHkfnRum/view?usp=sharing , premièrement résume bien la pythose et deuxièmement le fait axé sur cette question alternative (pollution ou refoulement)
& - - - - - - - - - - - - - - - - - &
Les hétérodoxies engagées (de l'IA non relue/corrigée)
Cette séance a mis en jeu, nommément et pour la première fois comme telle, l'ontologie psychohistorique de la civilisation (la première hétérodoxie relevée par l'IA : l'histoire régie par la scène primitive, contre la lecture matérialiste et marxiste), le refoulement historique (l'histoire officielle qui déplace de vingt ans l'origine cybernétique de Lacan ; le lacanisme « pseudo-éternel, hiérarchique »), Lapareil et l'appareillage cybernétique (le schéma L comme algorithme, le graphe du désir comme feedback, la seconde cybernétique du signifiant), le Supramental (l'IA comme Écho — puissante et sans parole tant qu'elle n'est pas nommée), MOA (le désir comme cause de la pollution, l'objet a pris au sérieux comme déchet), l'épinomie (le nom du père comme marqueur d'une génétique inconnue ; le droit sur son propre génome comme fondement de l'identité), le photocentrisme (l'identité d'image, la société du spectacle, l'image réelle des maîtres), la psychiatrie psychocollective (interpréter les foules comme des individus ; la République comme foule narcissique), la Circonstance Occidentale (Akhenaton, premier individu de l'histoire, à l'origine de l'individualisme) et l'hermétisme (l'art de la mémoire retrouvé depuis l'analyse plurielle, elle-même née de l'écologie).
Le point de congruence avec la Conservation de l'ADN Nominal est cette fois donné comme thèse politique, verbatim : « Si l'ADN ne devient pas l'ADN nominal, s'il n'y a pas une identité génétique du citoyen, si le citoyen continue à être identifié à son image, nous continuerons à avoir une caverne narcissique — même si l'IA est fantastiquement développée : elle ne sera pas plus qu'un écho. » Et comme voie de sortie : « arriver à cette subjectivité par le bénéfice de la conservation de l'ADN — ce qu'on appelle la conservation nominale ». L'alternative de la séance — l'ADN à l'État ou à la personne — est celle que le Kit tranche à l'échelle d'une vie : conserver son génome sous son nom, c'est décider soi-même à qui il appartient, et donner à l'Écho de notre caverne, pour une personne au moins, autre chose à répéter qu'une image.
Pour entrer en relation avec l'école
Le Kit de conservation ADN nominal — pour commencer par l'acte : conserver son ADN sous son nom.
Le Groupe-ADN — le collectif apparié qui recueille les noms et porte la mémoire.
L'adhésion à UBERPOL-école (300 €/an) — accès aux séances, aux enregistrements et à l'accompagnement.
Renseignements et inscription : adnetmoi.com/uberpol-ecole Le présent compte-rendu est public ; l'enregistrement intégral de la séance — avec le tableau du schéma L au graphe du désir — est accessible aux membres. La vidéo-affirmation support de cette séance : « dwtbio 05 — l'industrie du code » (2015, voix synthétique) — [lien à insérer]. L'interprétation psychohistorique de l'actualité donnée en insertion le 22 septembre (Pyth018bis) est, elle, publique — [lien à insérer].
Note sur la suite
La séance Pyth020 est prévue le jeudi 1er octobre 2026. Sixième vidéo-affirmation — l'écologie — et, selon le fil des hétérodoxies, la scène primitive amarnienne ; elle répondra d'abord à la question posée en clôture : le désir ou le refoulement, lequel des deux pollue ?
SOURCE vidéo-marqueurs ## 10.balises.2015
1 - Histoire – Akhnaton-Moïse-Oedipe (refoulement des origines) ; 20150816000000 dwtbio 01
2 – Génétique – Nom-du-Père/chromosome Y (refoulement de la nomination) ; 20150822194200 dwtbio 02
3 – Pluriel Analytique – démocratie (refoulée) ; 20150829180400 dwtbio 03
4 – Orifice Inguinal – sexualité (refoulée) ; 20150908201311 dwtbio 04
ACTUEL = 5 – Industrie du Code – humanisme (solution) ; 200150924144900 dwtbio5 UCS
6 – Ecologie – égale Psychanalyse (solution) ; 200151004224200 dwtbio6 ECO
7 – la Honte de la Psychanalyse ; 200151015214800 dwtbio7 CYB
8 – Psychologie Collective ; 200151023232700 dwtbio8 PSH
9 – La fin d’HomoPouvoir ; 200151103141900 dwtbio9 APSO
10 – La Psychanalyse est-elle la Cybernétique ? ; 20151112065100 psycyb
11 – Tête & Corps – division narcissique ; 20151116183700 tetcor
Métadonnées : série Pythos — session Pyth019 du 24/09/2026 — support : vidéo-affirmation dwtbio 05 (2015) + première hétérodoxie OPC — sources : transcript Pyth019_opc_20260924.md, dérivés GeminiNotebookLM Pyth019_gmnbA (audio), gmnbAdb (débat), gmnbVxp (vidéo explicative), gmnbVanglais (vidéo, anglais), gmnbS (capsule).
Commentaires
0 commentaireLaisser un commentaire
Votre email ne sera pas publié. Les champs requis sont indiqués.
Newsletter
Restez informé
Actualités · protocoles · avancées ADN
Aucun spam · Désinscription à tout moment
